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Études, Partage de Cours, Calendriers

La course aux concours

ou comment se préparer aux concours de journalisme et de communication!


Les partiels sont finis et vient pour tout le monde le temps de souffler enfin un petit peu. Pour tout le monde ou presque, car une frange importante d‘étudiants ne soufflera pas, et bien loin d’avoir fini la course, entame seulement le marathon. Quel marathon? Celui des concours! Et plus précisément les concours des grandes écoles de journalisme. Véritable moulinette à cerveaux, les mois à venir s’annonçent durs, très durs. Mais à coeur vaillant rien d’impossible, alors en selle et bon courage!

 

Pour vous qui avez l’impression de jouer votre vie sur une séries de questions dignes du Trivial Pursuit -car ne nous voilons pas la face c’est bien ce à quoi ressemble l‘épreuve de culture G-voici quelques petits conseils (avisés) de profs et d’anciens candidats.

Les différents concours ont chacun leur spécificité mais ils s’agrègent tous autour d‘épreuves de même nature, à savoir l’actualité, la culture générale, la note de synthèse et l’anglais.

Il ne reste plus que quelques mois avant le début des épreuves et ne croyez pas devenir fous si vos journées vous semblent si courtes, vous allez avoir tellement à faire qu’une heure semblera passer en 15 minutes. Alors pas de panique, l’essentiel étant de savoir organiser son temps de manière assez rigoureuse et de se préparer un planning de révisions. Si les cours ne vous donnent pas toujours la force de vous lever le matin, l’envie de réviser et de réussir ces concours le devrait. Ne vous bourrez pas le crâne d’informations, n’ingurgitez pas ce qui vous passe sous la main, le but est avant tout de comprendre ce que vous lisez et de laisser le temps à votre cerveau de traiter l’information.

L‘épreuve de culture générale

Pas de mystères, cette épreuve est encore plus éclectique que les miscellanées du Dr Schott. Du sport, de la littérature, de la géographie, de la politique, tout, absolument tout est susceptible de s’y trouver. De la nationalité de Bobby Fischer au nom d’une musique de Miles Davis, en passant par le nom de la ville d’accueil du Dalai-Lama, ou encore celui de la capitale de l’Ouzbékistan, cette épreuve est faite pour vous déstabiliser.

Quand vous vous retrouverez devant votre sujet (et si vous ne l’avez pas bossé), au mieux vous allez éclater de rire (très nerveusement) au pire vous allez perdre tous vos moyens. 100 voire 200 questions auxquelles il faut répondre en 45 minutes, cela ne laisse que quelques secondes pour chaque et peu de temps pour la réflexion. Vous savez ou vous ne savez pas, ne perdez pas de temps à chercher. Enchainez les questions et laissez des blancs là où vous butez, vous aurez peut-être le temps d’ y revenir à la fin.

Ne vous sentez pas vaincu avant même d’avoir parcouru la copie. Il faut évidemment répondre au maximum de questions mais l‘écueil à ne pas commettre est de répondre si l’on ne sait pas, dire que Bobby Fischer est le PDG des bières Fischer ne fera pas forcément rire l’examinateur (croyez-moi je suis plus qu’au courant) et surtout vous perdrez du temps à écrire n’importe quoi. L’examinateur a un seul et unique barême : un point si la réponse est bonne et correctement orthographiée, zéro si vous avez commis une faute ou que la réponse est mauvaise. Faites donc très attention à votre écriture !

En ce qui concerne les révisions, pas de miracles, restez ouverts à tout, renseignez-vous sur des sujets que vous maitrisez mal, faites des fiches thématiques. Si cela peut vous aider achetez des quiz de culture G, faites ceux des annales des concours et sachez analyser vos lacunes. Si la littérature n’est pas votre fort et que vous pensez que Duras a écrit Le Rouge et le Noir, ou encore que Céline était une femme, alors foncez immédiatement chez votre libraire ou à la BU. Un bon guide de culture G pour les nuls ne fera pas l’affaire mais ça peut au moins parcourir un large spectre de domaines et vous donner une idée précise de ce qui peut tomber.

Autre source, assez paradoxale car c’est une vraie mine d’or mais dont le contenu n’est pas toujours fiable : Wikipédia. Parcourez le site de liens en liens, et prêtez bien attention au fait que l’information ait été vérifiée. Pour cette épreuve donc aucune astuce, il faut tout simplement étre curieux, mais je parie que vous l‘êtes, n’est-ce pas là la qualité première d’un journaliste après tout?

L‘épreuve d’actualité

Celle qui fait frémir, celle qui donne le tournis et qui est la plus fastidieuse à préparer. Même principe que pour l‘épreuve de culture G, une masse de questions impressionnante et très très peu de temps pour y répondre. Epreuve cruciale , il est très important de savoir bien la préparer.

Vous lisez bien la presse tous les jours, non? Comment ça? Bon alors on reprend, la base pour préparer ces concours, est la même que la base du métier. Comment écrire sur ce que l’on ne connait pas où que l’on maitrise mal? Certes on ne vous demande pas seulement de lire la presse mais aussi de retenir les informations. Chaque jour, il est nécessaire de faire une veille de différents quotidiens, ce qui vous permettra aussi de reconnaître et de saisir les différences de traitement de l’info entre les différents titres.

L’important n’est pas de lire Le Monde, Le Figaro, l’Humanité et Libération tous les jours. Le Monde et Le Figaro, bien que ce dernier soit plutôt d’obédience de droite, ne divergent guère dans le traitement de l’information, donc choisissez-en un et comblez les lacunes économiques avec un quotidien du type les Echos ou La Tribune.

Il est important de savoir ce que chaque acteur de la presse écrite raconte et comment il le raconte. En ce qui concerne le fichage, retenez les articles qui vous semblent les plus importants, hierachisez vous-même l’information. Vous êtes le rédacteur en chef de vos fiches, vous choisissez ce qui est important et ce qui ne l’est pas. Cette sélection est déjà un premier pas dans l’intégration de l’information. Répartissez-les en différentes rubriques (Politique, International, Economie, Société…), ne perdez pas de temps à recopier l’essentiel de l’article sur des fiches mais découpez ou imprimez le dit article et classez-le. Une chemise par mois, une sous-chemise par thème. Vous surlignez l’essentiel et à la fin de la semaine vous faites une fiche récapitulative. C’est fastidieux certes, mais qu’est-ce que 2 heures par jour pendant 4 mois sur l‘échelle de toute une vie?

La synthèse

Le piège, l‘épreuve pour laquelle on se sent généralement le plus confiant (après tout il n’y a qu‘à reprendre les éléments des documents!) et celle sur laquelle il est aussi vite fait de se planter. Ne vous précipitez pas tête la première dans le volumineux corpus (jusqu‘à une centaine de pages). Appréhendez bien tous les termes de la problèmatique et essayez de bien saisir tous les enjeux de la question.

Assurez-vous d’avoir bien cadré le thème avant de vous lancer dans une lecture effrénée. Vous n’allez pas lire chaque document, NON, sinon vous courez à votre perte et vous n’aurez rien à rendre. Une fois la problématique clairement intégrée, attachez vous à la titraille, aux chapeaux, aux entêtes, à tout ce qui résume l’article et qui vous évite de vous plonger dedans, car le temps est précieux dans ce genre d‘épreuves.

Une fois que le tri est fait entre ce qui vous servira et ce qui ne sert pas à grand chose, scannez les articles et relevez le plus d‘éléments factuels possibles (noms, dates, chiffres, données). Ces éléments sont essentiels pour ponctuer votre synthèse. Vous n‘êtes pas dans un système universitaire, on ne vous demande pas une dissertation joliment formulée, ici on attend une synthèse, un article qui ait du punch, qui soit attrayant. Un article qui livre l’information, qui soit problématisé mais qui n’ennuit pas le lecteur. Rythmez vos écrits avec les éléments factuels relevez plus tôt, privilégiez la parole d’experts, n’ayez pas peur d’utiliser la citation.

Votre production ne doit pas ressembler à un copier/coller du texte, aussi n’en abusez pas trop mais il est essentiel d’utiliser ces données. Faites des phrases courtes et rythmées, facilement compréhensibles. Ecrivez les mots justes, pertinents, ne vous perdez pas dans des digressions ou encore dans des fioritures qui ne feront qu’alourdir le récit. Allez droit au but et donnez envie au lecteur de lire votre extraordinaire conclusion.

L‘épreuve d’anglais

Oh God! On en ressort toujours le cerveau aussi flasque que du jell-o à la fraise, alors ne paniquez pas, c’est normal. Bilingue ou pas bilingue, on est tous ou presque logés à la même enseigne. Si la richesse et l‘étendue du vocabulaire comptent, le feeling joue aussi pour beaucoup. Personne, parfois pas même les américains eux-mêmes (doit-on les blâmer?) ne saurait connaître toutes les nuances subtiles entre différents verbes synonymes, personne ne connait toutes les post-positions et les prépositions correspondant à chaque verbe. Alors on ne stresse pas et on relativise, l’anglais c’est la plaie mais ça permet aussi de gagner des points si l’on y met un peu du sien. Là, pas de subjectivité du correcteur qui rentre en compte.

Le barême est fixe, c’est juste ou c’est faux. L‘épreuve est multiple, texte à trous, traduction, compréhension écrite, grammaire, légendes de cartoons…Le plus simple pour réviser est de se plonger corps et âme dans une bonne grammaire anglaise et de faire des exercices. Ca ne vous servira à rien d’apprendre par coeur que le verbe turn peut être suivi de off/over/away/back/out et un millier d’autres. Encore faut-il que vous sachiez les utiliser intelligemment, les placer dans les bonnes phrases au bon moment.

Toute l‘épreuve repose su la justesse, le bon choix. Lisez la presse anglophone régulièrement, le Times (peu cher à l’abonnement) ou encore le New York Times quotidiennement (et gratuitement). Le but est d’analyser l’anatomie d’un article en anglais, savoir comment il se construit et comment les phrases se construisent. Achetez un répertoire, et faites un relevé quotidien des mots que vous ne connaissez pas, à force de les rencontrer vous allez les intégrer sans même vous en rendre compte.

 

Comme vous l’aurez compris, le stress qui nous submerge est à la hauteur de la difficulté des épreuves. On le sait tous, c’est élitiste et peu de personnes y arrivent, mais pourquoi pas nous, pourquoi pas moi, pourquoi pas vous? Le facteur chance aussi joue aussi en notre faveur dans ce type d’examen, il ne faut pas l’oublier.

Seul notre travail nous ouvrira les portes, mais une bonne étoile peut aussi nous aider, alors croyez-y très fort car à partir du moment où vous doutez de vous, il faut vous ressaisir très vite. Des dizaines de candidats à la confiance écrasante et qui ont travaillé au moins tout autant que vous sont là pour ravir le peu de places.

Comme me l’a dit un journaliste qui prépare les merveilleuses questions qui vont nous faire souffrir, ayez confiance et dites-vous que vous valez tout aussi bien voire plus que votre voisin. Chaque élément de votre passé, chaque spécificité de votre parcours fait que vous avez un avantage sur les autres.

Soyez vous-même et n’hésitez pas à vous démarquer, sortez du lot et ne vous précipitez pas sur les sujets consensuels, choisissez l’originalité et la justesse du propos, cela paie toujours!

Anaïs Richardin

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